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mardi 1 mai 2018

De Mai 68 à Aujourd'hui : ce que je savais de Mai 68, et ce que j'ai appris aujourd'hui ...




Je commence une série d'articles sur Mai 68 , et je vous embarque avec moi, en ce premier mai 2018,  qui vient à point pour les cinquante ans de MAI 68. J'aimerai faire découvrir l'importance de cette période dans nos vies actuelles.

Je suis née dix ans après, et dans mon esprit, Mai 68, c'était juste une période de grèves.
Mais réellement, qu'ai-je à dire sur ces événements ? Que m'ont-ils transmis ? Que m'ont-il apporté en tant que femme? Que sais-je réellement de ce point de l'histoire ?

En vrai, je savais pas grand chose au moment où j'ai commencé mes recherches, pour écrire un article sur le sujet . Puis, petit à petit de nombreux faits se sont révélés à moi. Des histoires, des personnages, des hommes et femmes qui ont fait de Mai 68 ce moment historique.
Et le sujet, qui m’intéressait si peu dans la classe d'histoire de Monsieur Girard en Terminale, vingt ans plus tard, m'est apparu comme une évidence :

Je suis certaine d'avoir été impactée dans mon éducation, comme dans ma vie de femme et surtout ma vie de mère, par ce mouvement de baby boomers, jeunes étudiants, réactionnaires dont mes parents faisait partie, à leur manière.

Je savais qu'en quelques jours, les étudiants parisiens, les travailleurs et les syndicats avaient bloqué le pays.
La France était paralysée par des grèves, et ce mois de Mai 68 devînt  de plus en plus insurrectionnel.

Une vraie "poudrière" nous a dit un jour en classe, mon professeur de russe, qui passait son agrégation à l'époque.Et qui n'avait pas pu accéder à ses examens. Ces événements l'ont forcé à repasser son "agrég" l'année d'après. Mais il avait pu profiter de ce mouvement pour voyager, grâce à ses  parents qui ne souhaitaient pas qu'il fasse partie des jeunes contestataires anti-autoritaires. 
A l'époque, je ne m'étais pas questionnée sur le sujet, sur la motivation de ses parents. 
Nous l'écoutions juste, nous raconter son histoire alors que nous apprenions en russe la chanson: 

 "Le Temps du Muguet".

En Mai 68, de nombreuses revendications se chevauchaient les unes aux autres.  A cette époque, il fallait se détacher d'une société archaïque, d'un certain monde . Un monde imposé, où la jeunesse était lassées par une société autoritaire, et paternaliste. Où la place de la femme y était insignifiante face à la toute puissance patriarcale …
Travaillant ou non ces femmes n'étaient pas libres, esclaves d'une vie imposée par l'homme qu'il soit leur père, leur mari ou leur employeur.

Devant le vent de changements apportés par ce printemps de Mai 68, dont on garde ici encore des stigmates. Et qu'en bien moindre mesure, souffle une brise de revendications, par ici en ce printemps 2018. 
Je me concentre sur ce que Mai 68  nous a donné, à nous les femmes d'aujourd'hui.

Nos vies actuelles de femmes qui ont été impactées, dans le milieu du travail. Ces femmes qui se sont battues pour avoir une égalité salariale en manifestant au risque de perdre travail, mari,
enfants et vie... 
J'ai lu des témoignages de ces femmes, qui en rentrant des manifestations, furent battues par leurs maris  ou leurs pères, voir même  être déshéritées. Mais qui y retournaient dès le lendemain. 
Ces femmes qui nous permettent aujourd'hui, d'user de la " parité homme/femme" , si durement 
payée . D'être considérées comme l'égale de l'homme professionnellement dans les mentalités.
Mais peut être  pas encore dans la réalité. Il y a encore du boulot !

Leur combat de 1968, est devenue en 2018 notre combat.  

Nos vies de femmes qui ont été impactées, dans notre corps à nous. Ces femmes qui se sont battues avec de nombreux slogans, prônant alors la liberté de disposer de leurs corps. 
De prendre la pilule, d'avorter, ou encore de désirer une grossesse ou non  dans le mariage ou non. 
Nous permettant aujourd'hui, de choisir. Un choix précieux et que  grâce à "elles" et bien d'autres femmes de courage, nul ne peut remettre en question.

La vie serait-elle celle que nous avons, si des femmes fortes et justes, n'avaient pas voulu changer le monde?  Si des femmes, ne s'étaient rebellées contre le système en criant, hurlant, et manifestant le poing levé . S'unissant pour que l'égalité des sexes puisse s'imposer ?

source
Je pense à celles qui ont marché  vers la Bastille, dans un symbole fort comme les sans-culottes de 1789.

"Rien ne sera plus comme avant".

Celles qui sont montés sur les barricades, telle une armée de femmes libres. Celles qui se sont émancipées par la force des choses. Celles qui ont ouvert la voie pour des millions de femmes d'aujourd'hui...

Si j'avais été mère en 1968, j'aurai transmis à ma fille,  la volonté de changer les choses. Qui m'anime bien plus aujourd'hui, depuis que je suis maman, depuis que j'ai une fille, qu'il y a quelques temps. Je lui aurai transmis, la liberté de parole pour qu'elle puisse s'exprimer, hurler, scander et manifester elle aussi. D'être libre de disposer de son corps , et indépendante pour mener sa vie. Qu'elle sache que la liberté se gagne. Et surtout qu'elle n'a pas de prix. Aujourd'hui, c'est ce que je peux, et ce que je veux lui transmettre.


Mai 68 marque le tournant dans le féminisme et dans l'égalité des sexes. 
Il a amené avec sa vague de contestations, les progrès de la condition féminine,  dont les Droits reconnus durement acquis, nous protègent nous et les générations à venir .

C'est grâce à toutes ces femmes, que l'on peut croire et espérer qu'un jour encore l'égalité hommes/femmes sera parfaite .







Photo d'époque trouvée pour illustrer cet article sur Google. 



Rendez vous, Mardi prochain pour un nouvel article, 
sur  Mai 68... 



jeudi 18 janvier 2018

De toi à moi ma fille : le féminisme !




Installe-toi ma fille, nous allons parler. Parler est un grand mot, je vais te raconter, comme le féminisme a  changé ma vie, ou changera la tienne. Rassure-toi, je ne vais pas te faire un cours magistral sur le sujet ou presque. Mais je vais t'apprendre quelques notions pour que tu comprennes .

Tu auras peut être lu des articles, qui parlaient du hashtag "balance ton porc", tu auras peut être vu des émissions sur le sujet. En 2018, le féminisme a encore du travail pour nous ayons des droits respectés.

Ces droits, dont je parle, commencent pour toi, avec la taxe rose. Cette taxe qui fait payer plus cher une paire de moufles de couleur rose, que la même en bleu. Ou alors  qui s'illustre par des livres pour les "garçons" et pour les "filles".
Ma chérie, chez nous, tu as un château rose, et un château gris . Tu as des poupées, et des voitures, tu as une cuisine blanche et non genrée. Tu es libre de porter des pantalons ou des jupes, et pourquoi pas des pantalons sous tes jupes façon Punky Browster.

Cette liberté de choisir de jouer avec tel ou telle chose, nous te l'offrons et nous ne t'imposons rien. Tout comme tes frères ont eu des poupées pour jouer avec. Tout comme tes frères au milieu des petits trains et des robots ont une dinette et une cuisinière, portent des tee shirts roses...

Ces droits vois-tu sont aussi importants que le droit de vote, le droit d'avoir un chéquier ou un compte bancaire sans l'accord de ton mari, ou tout simplement, le droit de disposer de ton 
corps .  

Il y a tellement de Grandes Femmes qui tout au long de l'histoire ont oeuvré pour que tu puisses vivre et être l'égale des hommes.

Oui ma fille, sache que si je devais t'enseigner qu'une seule et unique chose:
C'est que tu peux tout faire comme homme. Avoir un salaire égal, travailler dans des métiers difficiles...

Pour exemple, je voudrais te raconter un peu le parcours de Tatie Sammy. 
Elle s'est engagée comme parachutiste dans l'armée a 18 ans. Elle a fait tous les conflits, toutes les campagnes, toutes les guerres (ou presque) . 
Afganistan, Sarajevo, Djiouti,, le Liban, Le Gabon,  La Guyane etc tellement d'autres...
Et elle a sauté partout. Parachutiste dans un  monde d'hommes. 
Elle  a gagné ce droit au respect à la force de sa motivation.  
Elle a gagné le droit de porter un traillis la semaine et des paillettes le week end. 
Et un jour, ma fille, quelque soit ton choix, j'espère de tout coeur, que tu auras autant de courage qu'elle, et que tu pourras faire ce que tu veux dans la vie.

Je voudrais que tu saches ma fille, que Mamie, n'a pu avoir un chéquier qu'en 1975.
Avant, elle devait demander à ton arrière Grand père, puis à mon père, l'autorisation.
Bien heureusement, ces deux hommes étaient  et sont respectueux des droits de la femme et de la parité. La notion de "bon père de famille" était très présente à l'époque.
Et l'est encore parfois dans d'autres cultures que la notre.

Alors en vrai le féminisme qu'est ce que c'est? 

D'après la définition de  Wikipédia :

Le féminisme est un ensemble de mouvements et d'idées politiques, philosophiques et sociales,
qui partagent un but commun : définir, établir et atteindre l'égalité politique, économique, culturelle, personnelle, sociale et juridique entre les femmes et les hommes.
Le féminisme a donc pour objectif d'abolir, dans ces différents domaines, les inégalités homme-femme dont les femmes sont les principales victimes, et ainsi de promouvoir les droits des 
femmes dans la société civile et dans la vie privée.

"Abolir les inégalités homme-femme", 
"promouvoir les droits de la femmes" ...  
Mais pour ces Droits de nombreuses femmes, en France et par le monde sont mortes pour ces idées d'abolition des inégalités. Elles ont oeuvré  pour tellement de belles choses.

 Du proto-feminisme de l'Antiquité   à la création de la toute première école pour fille en 1236  en Serbie, par Sainte Hélène d'Anjou. A la Révolution Française. où Olympe de Gouges, publie en 1791 la Déclaration des droits de la femmes et de la citoyenne.Les idées et le "féminisme" apparait et évolue...
Conforté, dans une société mouvementée par l'histoire ,  où Condorcet et d'autres hommes, revendiquent le droit de vote des femmes en vertu des droits naturels inhérents au genre humain. GENRE HUMAIN...
Eh oui ma fille,  la femme réduite quasi en esclavage, n'avait pas alors de droits "naturels"  et l'est encore, aujourd'hui dans certains pays...

Tu sais que les études , sont pour moi d'une grande importance, et si j'ai pu passer mon bac dans le lycée de mon choix, c'est parce que, Julie Victoire Daubié, a été la première femme autorisée à  le passer  à 37 ans, en 1861.
 Alors oui, aujourd'hui, on te dira, qu'il ne vaut plus rien, qu'il ne sert plus à rien. Mais quelle fierté ma fille de l'avoir. Tout comme cette femme a attendu si longtemps pour être autorisé à passer le diplôme. Elle a ouvert la voie à toutes les femmes qui l'ont eu depuis...
Alors certes, ma fille, pendant les décennies suivantes, les femmes ont eu des cours  et une instruction spécifiques à "leur condition".  

Et sans le féminisme que serait le droit de l'instruction pour tous?  Sans le féminisme, il y aurait encore des écoles pour filles, et des écoles pour garçons.
D'ailleurs, j'ai moi-même été dans une école pour "filles". Je portais la blouse, j'avais des cours de cuisine, de savoir vivre etc... et mon Dieu que c'était triste et hors réalité.

Dans certains pays, des petites filles ne vont pas à l'école ou n'ont pas droit à l'instruction. Elles n'ont pas le droit de savoir lire, compter, ou penser par elles-mêmes. Elles n'ont parfois même pas le droit de porter une robe, ou d'avoir le visage découvert. 

Alors ce droit d'instruction, il est fondamental et inaliénable. 

J'espère qu'une jour, tu en auras conscience.

J'aimerai aussi te parler de ces femmes, qui ont mené le pays pendant les guerres. De toutes celles qui ont remplacé dans les champs, dans les usines, dans les travaux, dans la résistance, les hommes partis se battre. Comme Mémé, qui travaillait dans une usine. Qui ont prouvé à la force de leur motivation et de leur travail,qu'elles pouvaient faire tourner le pays.

Car oui, ma fille, ne doute jamais que tu peux faire autant qu'un homme!

J'aimerai tellement te parler, de celles qui ont permis d'obtenir le droit de vote. Ces suffragettes françaises , dont Mémé me parlait souvent, qui militaient dans les villes et les campagnes,
parfois contre l'avis de leurs maris. En toute illégalité, et qui prenaient bien souvent des coups en rentrant chez elles.

Celles qui comme Simone de Beauvoir, ont offert le droit d'être l'égal de l'homme dans la mariage, qui dénonçaient la domination des maris. Et, oui, on ne pouvait qu'être dominée et asservie par l'homme que l'on avait épousé.
Et ouf, ce n'est plus le cas en France, mais dans d'autre pays, les femmes, subissent encore l'aliénation et la domination d'un mari .Mari qui a droit de répudier ou non, qui a droit  de vie ou
de mort sur sa femme.
On a encore beaucoup de chemin pour arriver à faire tomber ces prisons, ces cages dorées .

J'aimerai te parler, de toutes celles qui comme Simone Veil, ont oeuvré en France ,  pour que tu puisses avoir le choix, de mener une grossesse ou non. Et surtout le droit de disposer de ton corps. Ces femmes là, ont dû se battre contre un société et des idées rétrogrades, et humiliantes.

De toutes celles qui se sont battus pour ces droits. Et pas seulement les extrémistes, et autres feministes intégristes. Qui se baladent couronnes de fleurs et seins à l'air dans les églises.
Je n'ai pas l'âme d'une FEMEN, rassure-toi. Et encore moins d'une militante.
Mais à mon petit niveau comme de nombreuses mamans/femmes, j'oeuvre au quotidien, pour que
tu puisses toi aussi avoir des droits identiques à ceux des hommes.
Que tu puisses grandir dans une société où la femme est libre.
J'oeuvre pour tes frères apprennent à respecter les femmes. 
Alors oui, si je devais un jour dire, que je suis féministe dans l'âme, je le dirais, ou le crierai d'ailleurs. Parce que le renier, c'est renier toutes ces femmes qui se sont battues pour que nos droits avancent grâce à leurs idées politiques, philosophiques et sociales , et une lutte de chaque instant. 

J'ai un immense respect, pour toutes celles qui  me permettent aujourd'hui, de penser par moi même, d'être instruite, de pouvoir voter, de pouvoir décider de ma vie, et de pouvoir écrire librement.
 Et surtout d'être respectée pour ce que je suis :  une femme libre. 

Alors ma fille, de toi à moi, j'espère te passer un jour le flambeau,  pour que tu puisses toujours être libre de tes choix...