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mardi 14 août 2018

Tout l'amour qu'il me porte : les retrouvailles

De Le mardi, août 14, 2018
Il devait être midi ce vendredi 27 juillet , quand mon mari a pu me voir en réanimation.
Il était là derrière les portes depuis son retour de la Gendarmerie, attendant de mes nouvelles.
J'étais réveillée depuis peu, sortie du coma artificiel dans lequel, ils m'avaient plongé.
J'étais terrifiée par le réveil sous respirateur, qui m'avait empêché de prendre de grandes respirations.
De longues minutes d'angoisses dont je garde le son, et l'impression ancrée dans ma mémoire.
Une jeune surfeuse qui avait eu un accident à ma droite.
Une mamie reliée à toute sorte de machine à ma gauche.
Des médecins partout, qui passaient sans dire bonjour, sans même un regard.

Quand je l'ai aperçu, j'ai vu plusieurs sentiments passer sur son visage.
 Lui qui ne montre rien, lui qui sait si bien  cacher ses émotions.
J'ai su que c'était grave , très grave ...

Il y a eu l'amour, le vrai, le pur, celui du soulagement, d'avoir retrouver sa moitié.
Ce regard, je l'avais vu 5 fois en 18 ans. Pour notre premier rendez vous, à la naissance de nos enfants, et surtout le jour de notre mariage.
Il m'a pris la main. Enfin les doigts, car mes deux mains, étaient toutes plusieurs fois perfusées.
Ses premiers mots, ont été d'une immense colère  que je ne lui ai jamais vu:

"ils vont payer pour ce qu'ils t'ont fait et ce qu'ils ont fait  à notre fils". 

Quand il m'a dit cela , je ne savais pas encore ce que l'on m'avait fait.
Une seconde avant nous étions jeudi, j'étais en salle de naissance.
Et je me retrouvais là, vendredi  midi, sans savoir quoique ce soit.
Il m'a expliqué en douceur, ce qu'il s'est passé.
En  douceur, sans détail, mais il m'a expliqué, qu'on m'avait "sauvé" la vie mais qu'il s'était mis en colère contre le chirurgien.
Que c'était une vraie boucherie, avant que je ne parte au bloc.
Qu'ils avaient levé mon utérus et qu'ils avaient fait de "notre deuil une boucherie".
J'écoutais, sans tout comprendre.
Mon cerveau était éteint à partir du mot HYSTERECTOMIE.
J'ai commencé à pleurer. Il a compris. Et il n'était que douceur.
Sa main chaude, rassurante, aimante, me réchauffait les doigts gelés.
Il a continué en m'expliquant pourquoi à 6h du matin, viré de la salle de naissance.
Seul sans savoir où j'étais, il a pris le sac du petit, mes affaires, les a jeté dans la voiture.
Il est parti faire le dépôt de plainte.

Il ne savait rien, c'était violent, c'était monstrueux ce qu'ils nous avaient fait, c'était horrible. 

Il m'a dit qu'il avait eu la peur de sa vie. Celle de me perdre.
Il m'a dit peut être dix fois, cent fois, qu'il m'aimait. Là dans cette pièce, en réanimation.
Nous étions deux, meurtris par la peine d'avoir perdu notre fils.
Dévastés d'avoir vu la mort de prés .

En 18 ans de vie commune, je ne doutais pas, mais je ne savais pas que c'était autant.
Il est mon univers, et je suis le sien. Maintenant, j'en ai la certitude.
J'ai vu alors tout l'amour qu'il me porte. Le véritable amour ! 
J'ai vu l'amour qu'il me porte, et je suis certaine, que c'est cet amour fort, et intense, qui m'a permis
de rester en vie, qu'il m'a porté et accompagné...
Je ne savais pas à ce moment, que cet amour allait prendre le chemin de la béquille pour marcher, guérir, et que sans lui, je ne pourrais rien faire...




  
Ne voyez pas dans le "ils vont payer", une envie de les "faire cracher au bassinet", parce qu'il n'en est rien.  On veut que plus jamais aucune femme ne subisse ce que nous avons vécu ... On veut que tous les soignants qui m'ont suivi avant le drame, comprennent que l'humain derrière est plus important que le protocole. Ils ont mis ma vie en danger, ils doivent s'excuser, et surtout accepter de ne pas être Dieu en choisissant pour autrui...

dimanche 12 août 2018

Les cancans de mon chirurgien: où comment, il a trouvé du positif dans l'hystérectomie qu'il a pratiqué ...

De Le dimanche, août 12, 2018
Quand le professeur qui m'a "sauvé", est venu m'annoncer mon hystérectomie, j'ai eu l'impression que le monde s'effaçait sous mon lit, emporté vers un ailleurs. Je n'imaginais pas qu'ils avaient dû en arriver là.Et j'étais loin de me douter, jusqu'où cela irait...

Je n'avais plus mon organe "reproducteur", ni l'espoir d'avoir un autre enfant "après". Je n'étais plus une "femme"complète. 
J'étais  alors, en soins intensifs quand il me l'annoncé avec sa  petite troupe, raccordée à des machines qui bipaient, et je n'arrivais pas à comprendre .Les mots étaient simples dans sa bouche, mais durs dans ma tête.
Il attendait des remerciements, ou quelque chose du genre pour avoir faire le "maximum" pour me sauver. Lui m'avait sauvé, son équipe m'avait détruite ...
Il m'a alors expliqué combien c'était "bien" de ne pas avoir d'utérus et m'a sorti 3 pauvres exemples ...

Il m'a dit que j'avais de "beaux petits ovaires" qu'il m'avait laissé pour éviter,
la ménopause. Je me suis demandée s'il parlait bien de mes ovaires.
Car depuis 2003, et durant tous nos essais bébé, que cela soit avant ou après la PMA, il n'y en
avait qu'un. Donc deux; c'était juste impossible ...
Mais a priori mon ovaire a mis 40 ans pour arriver à maturité, d'où cette grossesse surprise (enfin, c'est ce que j'ai imaginé merci morphine) ...

 Je lui ai demandé pourquoi , il ne les a pas viré comme tout le reste. "c'est mieux, pour éviter la ménopause", pour ne pas avoir de problème osseux, pour garder des envies sexuelles etc...
En vrai ce détail, je m'en foutais et je m'en fous comme de ma première petite culotte de grand mère, que je suis obligee de porter à cause de ma cicatrice enorme.. 

Il a continué sur le côté positif. Oui parce que soyons fous, il existe des côtés positifs...
 ( moi, je cherche encore).

Je n'aurai jamais plus de règles. Je suis ovaire multi polykystiques depuis toujours,  donc, mes règles "naturelles" en 40 ans, je les ai eu une vingtaine de fois... et je ne parle pas des pertes post grossesse, mais de vraies règles. Donc, cela n'a jamais été un problème...

Et je n'aurai plus jamais besoin de contraception...
Là, j'avoue,  j'ai pris la pilule quand j'étais ado, pour essayer d'avoir des règles, et  pendant la PMA, on mettait mes ovaires en pause...
Quand j'ai fait ma septicémie post OP en 2009 , j'ai eu une embolie pulmonaire.
Et après plus aucune contraception hormonale ne m'a été prescrite .
Ni sterilet pour éviter les infections...
Donc je m'en foutais..

Et la cerise sur le gâteau, c'est qu'il m'a dit que  je pouvais  reprendre les "rapports" avec mon mari dans 6 semaines.
Non mais , bien sur !!!
Reprendre les rapports,alors que je suis mutilée (vessie et vagin), que je ne me sens plus femme,
que j'ai l'impression d'avoir été violée ,agressée , que je ne supporte plus que l'on me touche nul part...
Je le regardais dans mon lit d'hôpital douloureuse et épuisée, en me disant  "il est fou".
Ce toubib est fou !

Je n'ai pas demandé, de me faire retirer l'utérus, par  des médecins qui ont respectés à la lettre un protocole foireux, qui a foiré totalement.
Je déteste profondément ces points positifs, parce que je n'ai rien demandé .
Je n'avais que rarement mes règles, qui n'étaient pas douloureuses et qui ne duraient pas longtemps.
Je n'ai que rarement pris de contraceptif.
J'avais une belle sexualité avec mon mari, épanouie pour tous les deux depuis 18 ans.
Quand sera-t-il à l'avenir?

J'avais l'impression que le médecin,  avait besoin de se dédouaner, de ce qu'il m'avait fait .
De ce que son équipe avait fait en mettant du positif dans cette boucherie .
Mais en vrai, il ne s'est jamais excusé, au contraire, il m'a dit qu'il était derrière  son équipe .
Il attendait juste un MERCI DIEU LE PERE pour m'avoir charcuté ...

Je ne me sens plus vraiment femme, pour tous les "à côté" qui me handicape terriblement.
Je sais que cela reviendra ,  peut être ou peut être pas.
Aujourd'hui, je suis un roseau plié, qui peine à se relever ...
Aujourd'hui, je n'ai plus d'utérus mais j'ai " deux beaux petits ovaires", dont je me fous totalement...

Alors, son positif, je m'en tamponne le coquillard !



vendredi 10 août 2018

Ouvrir la boite de Pandore tous les soirs ...

De Le vendredi, août 10, 2018
Quand le soleil se couche, que la nuit arrive, que le silence s'installe, ma boite de douleurs s'ouvre.
Un peu comme la boite de Pandore, elle  déverse tous les  maux de l'humanité/ médicaux sur moi.
Je souffre physiquement et cela va  crescendo, sans qu'aucun médicament ne fasse effet.

La boite s'ouvre comme si  tous les maux  accumulés depuis quinze jours, venaient m'envahir et m'emporter vers un désert sans repos.

Il y a la peur, l'angoisse, le stress, la douleur d'avoir perdu mon fils, la douleur physique, les "si", et les "peut-être"qui sont les pires...

Mais, même en regardant au fond de la boite, je n'y vois pas d'espérance. Un peu comme si, l'espoir
avait quitté mon être et que je ne faisais que "survivre".

Toutes l'équipe qui m'a charcuté, a ouvert la boite de Pandore, par curiosité .
Comme si appliquer un Protocole, alors que c'était interdit,  leur a permis de déverser sur moi tous
les maux médicaux dont je souffre et toutes les catastrophes quotidienne, qui font de mes journée aussi un enfer ...
Comme si, ne pas m'écouter, ne pas m'entendre, avait  ainsi provoqué un tsunami. 
Véritable vague de malheurs et de douleurs que je suis incapable de les supporter...

Cette nuit, j'ai hurlé à mon mari, que j'aurai préféré y rester, plutôt que de vivre comme cela.
Quelle horreur...
Quand le petit matin arrive, je m'en veux. Quand mes anti douleurs font effet, je redeviens presque moi, et je ferme la boite à douleur. L'aurore a un effet apaisant, et curieusement, je regarde monter le soleil de mon lit, sans être touché par sa grâce, ou encore ses rayons . Pour moi, il a cessé de briller, le jour où le coeur d'Augustin s'est arrêté.
Et la nuit si apaisante autrefois, est devenue ma pire ennemie.

Je sais qu'un jour la boite se refermera. Pour l'instant, elle s'ouvre toutes les nuits.
Je déverse mes maux, et mes larmes, sans pouvoir les arrêter... 






Pour en savoir plus sur le mythe de la boite de Pandore

mythe qu’est née l’expression "boîte de Pandore", qui symbolise la cause d’une catastrophe.
source: http://www.linternaute.fr/expression/langue-francaise/80/la-boite-de-pandore/

mercredi 8 août 2018

Ils ont fait de notre deuil une boucherie

De Le mercredi, août 08, 2018
Je pourrais dire combien ma peine a été immense, à l'annonce de l'arrêt du petit coeur de notre Augustin.  Parler de ma peur, de ma colère ou même de ma douleur. Mais il y a un élément médical qui a balayé tout cela, qui s'appelle:

ACCOUCHEMENT VOIE BASSE après 3 césariennes

J'ai de suite demandé  quand aurait lieu la césarienne. Et l'on m' a répondu, qu'en cas de mort in utéro, le protocole imposé était l'accouchement voie basse.
Que c'était mieux pour le deuil, que la césarienne c'était pour "sauver" l'enfant.
Que la douleur sera maîtrisée et que le risque était minimal et surtout maîtrisé.
Je n'y ai pas cru ...
J'ai hurlé ma peur de la rupture utérine, j'ai rappelé que j'avais déjà eu trois césariennes.
Mais pendant les 24h précèdent le déclenchement, on me l'a systématiquement refusé.
LE PROTOCOLE...

Mon seul réconfort, c'était que mon mari et moi, pourrions embrasser notre enfant.
L'habiller, lui dire des mots d'amour, lui parler de sa famille...
Mais j''étais terrorisée, j'avais peur.
Non pas d'accoucher par voie basse, mais de la rupture utérine et de complications.
Je l'ai encore et encore répété,  sans JAMAIS être écoutée...

La pause de la péri a été quasi immédiate dès le départ du déclenchement. Mais n'a pas vraiment fonctionné et la douleur a été insoutenable assez souvent...
L'anesthésiste est passé souvent.

Le déclenchement a fonctionné.
Le travail s'est accéléré après  la rupture de la poche des eaux .
Je suis arrivée à dilatation complète.
Évidemment,  la journée a été longue et je fais un résumé assez rapide ...

J'ai senti ce moment où l'enfant s'engage. J'avais mal, je l'ai signalé. C'était "normal".
On a installé les étriers, et j'ai  commencé a pousser, dans une douleur insoutenable sans jamais
être écoutée.
La tête de mon Augustin, est restée coincée a mi chemin. Et d'autres médecins sages femmes et anesthésistes sont venues prêter main forte.
On a sorti les spatules, trifouillé dans mes entrailles, comme on viderait un poulet en écartant ici
ou là. La douleur était encore plus vive. En deux poussées, la tête de mon fils est sortie avec les spatules mais dans une violence et une douleur insoutenable...
Puis impossible d'avancer plus, mon fils était bloqué. J'avais mal à droite. Je n'étais que douleurs .
Je les ai entendu chuchoter je leur ai dit d'arrêter , de ne pas m'ignorer.
Je regardais dans les yeux mon mari, et j'y voyais de la peur, l'angoisse, et son amour.
Puis j'ai entendu l'anesthésiste dire que si j'avais encore plus de produit je risquais d'avoir les jambes paralysées. J'ai commencé à perdre connaissance le disant "une cesa 30 minutes et là, 48 heures de douleurs"...

Je me suis réveillée le lendemain sous respirateur avec l'impression d'étouffer en réanimation .

La suite me vient  du récit de mon mari ...

Sédatée, j'ai été conduite au bloc. Opérée et césarisée enfin du moins le pensait-il. Parce qu'en vrai je n'ai pas subi une césarienne, mais une chirurgie plus complexe.
Un premier médecin,  celle qui avait tenté l'extraction avec les spatules, en tremblant,
 lui a annoncé qu'on avait dû retirer mon utérus.
Un second (le Grand CHEF) quelques temps plus tard, réveillé en pleine nuit,  venu prêter main forte lui a dit qu'il venait de me sauver la vie, qu'il fallait le remercier.

Mon mari a vu rouge  et il a hurlé "BRAVO BEAU TRAVAIL" dans les couloirs , avant de prendre nos affaires en salle de naissance et de quitter l'hôpital pour aller déposer plainte. Le procureur a été réveillé, il était 6 heures, et il a qualifié les faits  ...
Je ne sais pas comment il a fait pour ne pas craquer et ne pas tout casser...
Il ne savait pas où j'étais, ce qu'on m'avait fait exactement, ni si à ce moment là, j'étais vivante...

Pendant ce temps, pour moi, d'après ce que les médecins m'ont expliqué, ce fut chaotique. J'ai été réanimée, transfusée, mise en déchoquage aux urgences, en réanimation, puis en soins intensifs, avant de monter en chambre. Ce fut compliqué, j'ai dû retourner en soins intensifs, faire un blood patch, car la péri avait fait un trou et du liquide céphalo rachidien s'échappait. J'avais une énorme bosse derrière le crane, digne de dessins animés.  A quel moment m'ont ils assommé?
Les dégâts ont été importants, mais j'en parlerai plus tard, quand j'irai mieux....

J'ai perdu mon enfant, mon utérus , et mon mari a failli perdre sa femme, mes enfants leur mère à cause d'un PROTOCOLE, qu'aucun médecin n'a voulu réfuter.
Ils se sont tous enfermé dans le "c'est mieux pour le deuil" ou le "on maîtrise", sans se poser une seule fois la question, du poids de mon fils, ou si mes hanches permettaient son passage ou encore si ma cicatrice allait tenir. Non pas une seule fois...

Je me sens mutilée. Un médecin qui rentrait de vacances, qui a pris le dossier en route, qui s'est excusé, a dit, que ce que j'avais vécu était aussi violent qu'un attentat.
Mon mari lui, dit qu'il  a l'impression d'avoir pris un mur  en voiture à 200 km/h .
 Le corps de mon fils l'a été aussi. Il avait une joue abîmée, et surtout ils lui ont cassé les deux épaules, pour le faire finalement passer en voie basse quand même, avant de m'opérer...

En quoi c'était mieux pour le deuil? 
Devait-on en arriver jusque là? 
Pourquoi ne nous ont ils pas écouté?

Personnellement, je ne suis pas dans le deuil. J'ai vu mon fils 6 jours après, froid et avec les fluides qui commençaient à couler. Une vision terrible. Mais qu'il était beau.

Je me bats pour marcher, sortir du lit, reprendre une vie normale alors que rien ne va dans mon corps, et que je ne suis que douleurs physique. Je ne suis pas dans le DEUIL, mais dans les SOINS.
Il m'ont pris mon DEUIL. Ils ont arraché les derniers moments avec notre fils, avec autant de violence qu'ils en ont eu pour mon utérus.

Et je crois que le plus infâme, c'est qu'ils se sont protégés derrière un PROTOCOLE; qu'ils ont respecté à la lettre, en oubliant le danger, les risques, ou encore l'humain derrière.

Mon Augustin ne méritait pas cela, Je ne méritais pas cela et mes enfants, mon mari, non plus ... 

Alors, oui, ils ont fait de notre deuil, une boucherie. 







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