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jeudi 8 novembre 2018

Le jour où, j'ai décidé de combattre les violences obstétricales à mon échelle

S 'il y a bien un sujet qui me touche, c'est le sujet sur les  violences obstétricales.
Victime durant ma quête d'un enfant, et victime pour la perte de mon Augustin, j'ai décidé d'en parler, pour briser ce tabou, à ma petite échelle.
 
J'ai reçu 222 témoignages de femmes, ayant partagé leurs violences. Ayant mis des mots sur leurs maux.
222 FEMMES,  ce n'est pas rien. 
Et combien de femmes, n'arrivent pas à en parler, et restent enfermer avec cette douleur sourde?

J'avoue, que je ne suis pas assez forte encore pour combattre à 100% , et m'engager dans ce combat à 10 000% . Mais doucement et sûrement,  je vais m'y engager.

Forte de ces témoignages et de la confiance de ces femmes de partager en commentaire, en MP, par mail. J'ai décidé de créer pour commencer un Groupe Facebook, que l'on peut retrouver ICI ,  pour que l'on puisse en parler  librement, témoigner, partager, s'épauler, en toute bienveillance et empathie.

J'ai créé ce groupe le 15  octobre dernier, et il m'aura fallu tout ce temps pour prendre mon courage à deux mains, et enfin le partager. Blog, et Page arrivent aussi...




J'ai décidé de combattre les violences obstétricales à mon échelle.
Ce n'est qu'une goutte d'eau dans l'océan, mais goutte après goutte ...


Le groupe est par là : Violences obstétricales: en parler librement







samedi 18 août 2018

Le quotidien qui change : de l'incontinence et des soins ...

Notre quotidien  a changé, et il a fallu s'habituer, se ré-approprier et surtout accepter...

Après la réanimation, je suis partie en soins intensifs.
Couchée et branchée de partout, je n'avais pas grande forme, et mon corps se remettait difficilement. Mon mari ne pouvait venir qu'à partir de midi et ceux même si on le laissait rester plus longtemps. Les toilettes du matin par les sage femmes/aides soignantes faisaient du bien.
Peu avant que je monte en chambre, elles m'ont fait les soins, retiré certaines perfusions, et levé la sonde...
J'ai vu qu'il y avait un soucis avec ma vessie après 3 césariennes, je n'avais jamais eu ce type de soucis. On m'a retiré la sonde en soins intensifs. Alors que j'aurai aimé la garder un peu plus.
Mais on lève rapidement les sondes pour les patients soient levés rapidement aussi.
Il y avait deux soucis, mon impossibilité de rester assise (à cause du blood patch* à faire) ou même de me mettre debout, et le contrôle de ma vessie,.

Une fois en chambre, j'avais 6h pour faire "pipi" dixit les sages femmes (adorables) du soir, pas une minute de plus, enfin presque puisqu'elles ont attendu 2heures du matin .
Il fallait que j'ai envie, que j'appelle  et que l'on me mène aux wc.
Mon homme était là, j'aurai pu y aller avec lui.
Même si debout c'était un calvaire, entre le mal aux cervicales, les acouphènes  les sueurs froides avant le Blood Patch etc...
Une quinte de toux, et ce fut ma première fois. J'avais fait "pipi au lit"...

PIPI AU LIT !!!

Changement de drap et douche avec les aides soignantes de nuit, de véritables perles douces...

Cette première fois, s'est reproduite, encore et encore et encore...

Passé le Blood Patch avec un super anesthésiste, et le retour en soins intensifs, je pouvais me lever sans aide ou presque ... Mon mari, pouvait repartir à la maison, s'occuper des enfants, j'étais presque indépendante.
En vrai, j'ai continué à être incontinente, et la seule façon de me soulager, c'était d'aller faire pipi dans la douche, avec l'eau qui coule  (et ça fait beaucoup de douches).

Évidemment à la maison, ça a continué. Et mon mari a continué à me laver, me changer les serviettes hygiéniques quand je n'arrivais pas à me baisser.
Même si chaque  jour je tente de gagner en autonomie, que chaque jour, je fais des progrès, cette situation me fatigue, m'humilie, et me rend folle...
Je n'ai plus aucune envie de faire "pipi" ou d'aller à la "selle".
Plus de maîtrise sur ma vessie en quelconque situation. Et je dois m'obliger à aller au wc ou sous la douche pour pouvoir me soulager.

Notre quotidien a donc changé.  Mon mari qui a pris le relais, est passé au stade de soignant.
Je pleurais à l'hôpital à chaque fois. Humiliée et désespérée de ne plus rien maîtriser.
Je pleurs encore aujourd'hui, comme ce matin à 4h, où ma vessie m'a lâché encore un fois.

Alors, je ne suis "qu'à" trois semaines post opératoire.
Mais l'obstétricien qui m'a opéré m'a dit, qu'il se pourrait, que je doive consulter pour une future opération.
Autant dire que j'espère vraiment que la rééducation du périnée suffira, et que j'éviterai une nouvelle intervention...

 Être en soins permanent, c'est vraiment compliqué moralement et psychologiquement.
Je suis très indépendante et c'est difficile de se laisser aller comme cela.
 
Mon mari s'occupe de mes pansements de la cicatrice. Elle coule à un endroit, donc il doit nettoyer, et appliquer une crème antiseptique et changer le pansement.
Et comble du sadisme, il se moque de moi, en me faisant une épilation quotidienne avec les pansements. Il me dit que je n'ai plus besoin d'esthéticienne.
Je ne sais pas pourquoi, mais moi,  cela ne me fait pas rire...

Il s'occupe aussi de mes médicaments, qu'il doit mettre en hauteur, car avec les traitements j'ai des "bad trip" avec envies suicidaires  ( traitement connu pour cela). Je ne maîtrise pas.
Je verbalise et heureusement, il a pu prendre les devants !
Alors il sécurise et veille la nuit.
Je n'y peux rien, je ne prends aucun médicament autre que mon insuline. J'ai des réactions assez fortes. Comme par exemple de l'urticaire avec le laxatif " macrogol" merci intestin fainéant post opératoire...

Il doit  me faire à manger,  m'apporter du confort,  réconfort et  l'écoute. Comme un soignant .
Je ne sais pas quand il reprendra son rôle de "mari", j'ai hâte de redevenir vraiment autonome.
Je suis reconnaissante d'avoir la chance d'être chouchoutée ainsi.Il me dit souvent, quand je pleure, et que je hurle que ce n'est pas son rôle: "'j'ai signé pour le meilleur et pour le pire"...

Mais je vais être honnête, ma fierté personnelle prend cher, très cher ...

Bref, notre quotidien a changé et je le déteste. J'ai hâte de pouvoir recommencer à m'occuper de moi. De ne plus dépendre d'autrui. De m'occuper des enfants, de vivre , oui de vivre tout simplement !

C'est dur, mais je n'ai pas le choix ... 



Pour en savoir plus :

Blood Patch : https://fr.wikipedia.org/wiki/Blood_patch

mardi 14 août 2018

Tout l'amour qu'il me porte : les retrouvailles

Il devait être midi ce vendredi 27 juillet , quand mon mari a pu me voir en réanimation.
Il était là derrière les portes depuis son retour de la Gendarmerie, attendant de mes nouvelles.
J'étais réveillée depuis peu, sortie du coma artificiel dans lequel, ils m'avaient plongé.
J'étais terrifiée par le réveil sous respirateur, qui m'avait empêché de prendre de grandes respirations.
De longues minutes d'angoisses dont je garde le son, et l'impression ancrée dans ma mémoire.
Une jeune surfeuse qui avait eu un accident à ma droite.
Une mamie reliée à toute sorte de machine à ma gauche.
Des médecins partout, qui passaient sans dire bonjour, sans même un regard.

Quand je l'ai aperçu, j'ai vu plusieurs sentiments passer sur son visage.
 Lui qui ne montre rien, lui qui sait si bien  cacher ses émotions.
J'ai su que c'était grave , très grave ...

Il y a eu l'amour, le vrai, le pur, celui du soulagement, d'avoir retrouver sa moitié.
Ce regard, je l'avais vu 5 fois en 18 ans. Pour notre premier rendez vous, à la naissance de nos enfants, et surtout le jour de notre mariage.
Il m'a pris la main. Enfin les doigts, car mes deux mains, étaient toutes plusieurs fois perfusées.
Ses premiers mots, ont été d'une immense colère  que je ne lui ai jamais vu:

"ils vont payer pour ce qu'ils t'ont fait et ce qu'ils ont fait  à notre fils". 

Quand il m'a dit cela , je ne savais pas encore ce que l'on m'avait fait.
Une seconde avant nous étions jeudi, j'étais en salle de naissance.
Et je me retrouvais là, vendredi  midi, sans savoir quoique ce soit.
Il m'a expliqué en douceur, ce qu'il s'est passé.
En  douceur, sans détail, mais il m'a expliqué, qu'on m'avait "sauvé" la vie mais qu'il s'était mis en colère contre le chirurgien.
Que c'était une vraie boucherie, avant que je ne parte au bloc.
Qu'ils avaient levé mon utérus et qu'ils avaient fait de "notre deuil une boucherie".
J'écoutais, sans tout comprendre.
Mon cerveau était éteint à partir du mot HYSTERECTOMIE.
J'ai commencé à pleurer. Il a compris. Et il n'était que douceur.
Sa main chaude, rassurante, aimante, me réchauffait les doigts gelés.
Il a continué en m'expliquant pourquoi à 6h du matin, viré de la salle de naissance.
Seul sans savoir où j'étais, il a pris le sac du petit, mes affaires, les a jeté dans la voiture.
Il est parti faire le dépôt de plainte.

Il ne savait rien, c'était violent, c'était monstrueux ce qu'ils nous avaient fait, c'était horrible. 

Il m'a dit qu'il avait eu la peur de sa vie. Celle de me perdre.
Il m'a dit peut être dix fois, cent fois, qu'il m'aimait. Là dans cette pièce, en réanimation.
Nous étions deux, meurtris par la peine d'avoir perdu notre fils.
Dévastés d'avoir vu la mort de prés .

En 18 ans de vie commune, je ne doutais pas, mais je ne savais pas que c'était autant.
Il est mon univers, et je suis le sien. Maintenant, j'en ai la certitude.
J'ai vu alors tout l'amour qu'il me porte. Le véritable amour ! 
J'ai vu l'amour qu'il me porte, et je suis certaine, que c'est cet amour fort, et intense, qui m'a permis
de rester en vie, qu'il m'a porté et accompagné...
Je ne savais pas à ce moment, que cet amour allait prendre le chemin de la béquille pour marcher, guérir, et que sans lui, je ne pourrais rien faire...




  
Ne voyez pas dans le "ils vont payer", une envie de les "faire cracher au bassinet", parce qu'il n'en est rien.  On veut que plus jamais aucune femme ne subisse ce que nous avons vécu ... On veut que tous les soignants qui m'ont suivi avant le drame, comprennent que l'humain derrière est plus important que le protocole. Ils ont mis ma vie en danger, ils doivent s'excuser, et surtout accepter de ne pas être Dieu en choisissant pour autrui...

dimanche 12 août 2018

Les cancans de mon chirurgien: où comment, il a trouvé du positif dans l'hystérectomie qu'il a pratiqué ...

Quand le professeur qui m'a "sauvé", est venu m'annoncer mon hystérectomie, j'ai eu l'impression que le monde s'effaçait sous mon lit, emporté vers un ailleurs. Je n'imaginais pas qu'ils avaient dû en arriver là.Et j'étais loin de me douter, jusqu'où cela irait...

Je n'avais plus mon organe "reproducteur", ni l'espoir d'avoir un autre enfant "après". Je n'étais plus une "femme"complète. 
J'étais  alors, en soins intensifs quand il me l'annoncé avec sa  petite troupe, raccordée à des machines qui bipaient, et je n'arrivais pas à comprendre .Les mots étaient simples dans sa bouche, mais durs dans ma tête.
Il attendait des remerciements, ou quelque chose du genre pour avoir faire le "maximum" pour me sauver. Lui m'avait sauvé, son équipe m'avait détruite ...
Il m'a alors expliqué combien c'était "bien" de ne pas avoir d'utérus et m'a sorti 3 pauvres exemples ...

Il m'a dit que j'avais de "beaux petits ovaires" qu'il m'avait laissé pour éviter,
la ménopause. Je me suis demandée s'il parlait bien de mes ovaires.
Car depuis 2003, et durant tous nos essais bébé, que cela soit avant ou après la PMA, il n'y en
avait qu'un. Donc deux; c'était juste impossible ...
Mais a priori mon ovaire a mis 40 ans pour arriver à maturité, d'où cette grossesse surprise (enfin, c'est ce que j'ai imaginé merci morphine) ...

 Je lui ai demandé pourquoi , il ne les a pas viré comme tout le reste. "c'est mieux, pour éviter la ménopause", pour ne pas avoir de problème osseux, pour garder des envies sexuelles etc...
En vrai ce détail, je m'en foutais et je m'en fous comme de ma première petite culotte de grand mère, que je suis obligee de porter à cause de ma cicatrice enorme.. 

Il a continué sur le côté positif. Oui parce que soyons fous, il existe des côtés positifs...
 ( moi, je cherche encore).

Je n'aurai jamais plus de règles. Je suis ovaire multi polykystiques depuis toujours,  donc, mes règles "naturelles" en 40 ans, je les ai eu une vingtaine de fois... et je ne parle pas des pertes post grossesse, mais de vraies règles. Donc, cela n'a jamais été un problème...

Et je n'aurai plus jamais besoin de contraception...
Là, j'avoue,  j'ai pris la pilule quand j'étais ado, pour essayer d'avoir des règles, et  pendant la PMA, on mettait mes ovaires en pause...
Quand j'ai fait ma septicémie post OP en 2009 , j'ai eu une embolie pulmonaire.
Et après plus aucune contraception hormonale ne m'a été prescrite .
Ni sterilet pour éviter les infections...
Donc je m'en foutais..

Et la cerise sur le gâteau, c'est qu'il m'a dit que  je pouvais  reprendre les "rapports" avec mon mari dans 6 semaines.
Non mais , bien sur !!!
Reprendre les rapports,alors que je suis mutilée (vessie et vagin), que je ne me sens plus femme,
que j'ai l'impression d'avoir été violée ,agressée , que je ne supporte plus que l'on me touche nul part...
Je le regardais dans mon lit d'hôpital douloureuse et épuisée, en me disant  "il est fou".
Ce toubib est fou !

Je n'ai pas demandé, de me faire retirer l'utérus, par  des médecins qui ont respectés à la lettre un protocole foireux, qui a foiré totalement.
Je déteste profondément ces points positifs, parce que je n'ai rien demandé .
Je n'avais que rarement mes règles, qui n'étaient pas douloureuses et qui ne duraient pas longtemps.
Je n'ai que rarement pris de contraceptif.
J'avais une belle sexualité avec mon mari, épanouie pour tous les deux depuis 18 ans.
Quand sera-t-il à l'avenir?

J'avais l'impression que le médecin,  avait besoin de se dédouaner, de ce qu'il m'avait fait .
De ce que son équipe avait fait en mettant du positif dans cette boucherie .
Mais en vrai, il ne s'est jamais excusé, au contraire, il m'a dit qu'il était derrière  son équipe .
Il attendait juste un MERCI DIEU LE PERE pour m'avoir charcuté ...

Je ne me sens plus vraiment femme, pour tous les "à côté" qui me handicape terriblement.
Je sais que cela reviendra ,  peut être ou peut être pas.
Aujourd'hui, je suis un roseau plié, qui peine à se relever ...
Aujourd'hui, je n'ai plus d'utérus mais j'ai " deux beaux petits ovaires", dont je me fous totalement...

Alors, son positif, je m'en tamponne le coquillard !



vendredi 10 août 2018

Ouvrir la boite de Pandore tous les soirs ...

Quand le soleil se couche, que la nuit arrive, que le silence s'installe, ma boite de douleurs s'ouvre.
Un peu comme la boite de Pandore, elle  déverse tous les  maux de l'humanité/ médicaux sur moi.
Je souffre physiquement et cela va  crescendo, sans qu'aucun médicament ne fasse effet.

La boite s'ouvre comme si  tous les maux  accumulés depuis quinze jours, venaient m'envahir et m'emporter vers un désert sans repos.

Il y a la peur, l'angoisse, le stress, la douleur d'avoir perdu mon fils, la douleur physique, les "si", et les "peut-être"qui sont les pires...

Mais, même en regardant au fond de la boite, je n'y vois pas d'espérance. Un peu comme si, l'espoir
avait quitté mon être et que je ne faisais que "survivre".

Toutes l'équipe qui m'a charcuté, a ouvert la boite de Pandore, par curiosité .
Comme si appliquer un Protocole, alors que c'était interdit,  leur a permis de déverser sur moi tous
les maux médicaux dont je souffre et toutes les catastrophes quotidienne, qui font de mes journée aussi un enfer ...
Comme si, ne pas m'écouter, ne pas m'entendre, avait  ainsi provoqué un tsunami. 
Véritable vague de malheurs et de douleurs que je suis incapable de les supporter...

Cette nuit, j'ai hurlé à mon mari, que j'aurai préféré y rester, plutôt que de vivre comme cela.
Quelle horreur...
Quand le petit matin arrive, je m'en veux. Quand mes anti douleurs font effet, je redeviens presque moi, et je ferme la boite à douleur. L'aurore a un effet apaisant, et curieusement, je regarde monter le soleil de mon lit, sans être touché par sa grâce, ou encore ses rayons . Pour moi, il a cessé de briller, le jour où le coeur d'Augustin s'est arrêté.
Et la nuit si apaisante autrefois, est devenue ma pire ennemie.

Je sais qu'un jour la boite se refermera. Pour l'instant, elle s'ouvre toutes les nuits.
Je déverse mes maux, et mes larmes, sans pouvoir les arrêter... 






Pour en savoir plus sur le mythe de la boite de Pandore

mythe qu’est née l’expression "boîte de Pandore", qui symbolise la cause d’une catastrophe.
source: http://www.linternaute.fr/expression/langue-francaise/80/la-boite-de-pandore/

mercredi 8 août 2018

Ils ont fait de notre deuil une boucherie

Je pourrais dire combien ma peine a été immense, à l'annonce de l'arrêt du petit coeur de notre Augustin.  Parler de ma peur, de ma colère ou même de ma douleur. Mais il y a un élément médical qui a balayé tout cela, qui s'appelle:

ACCOUCHEMENT VOIE BASSE après 3 césariennes

J'ai de suite demandé  quand aurait lieu la césarienne. Et l'on m' a répondu, qu'en cas de mort in utéro, le protocole imposé était l'accouchement voie basse.
Que c'était mieux pour le deuil, que la césarienne c'était pour "sauver" l'enfant.
Que la douleur sera maîtrisée et que le risque était minimal et surtout maîtrisé.
Je n'y ai pas cru ...
J'ai hurlé ma peur de la rupture utérine, j'ai rappelé que j'avais déjà eu trois césariennes.
Mais pendant les 24h précèdent le déclenchement, on me l'a systématiquement refusé.
LE PROTOCOLE...

Mon seul réconfort, c'était que mon mari et moi, pourrions embrasser notre enfant.
L'habiller, lui dire des mots d'amour, lui parler de sa famille...
Mais j''étais terrorisée, j'avais peur.
Non pas d'accoucher par voie basse, mais de la rupture utérine et de complications.
Je l'ai encore et encore répété,  sans JAMAIS être écoutée...

La pause de la péri a été quasi immédiate dès le départ du déclenchement. Mais n'a pas vraiment fonctionné et la douleur a été insoutenable assez souvent...
L'anesthésiste est passé souvent.

Le déclenchement a fonctionné.
Le travail s'est accéléré après  la rupture de la poche des eaux .
Je suis arrivée à dilatation complète.
Évidemment,  la journée a été longue et je fais un résumé assez rapide ...

J'ai senti ce moment où l'enfant s'engage. J'avais mal, je l'ai signalé. C'était "normal".
On a installé les étriers, et j'ai  commencé a pousser, dans une douleur insoutenable sans jamais
être écoutée.
La tête de mon Augustin, est restée coincée a mi chemin. Et d'autres médecins sages femmes et anesthésistes sont venues prêter main forte.
On a sorti les spatules, trifouillé dans mes entrailles, comme on viderait un poulet en écartant ici
ou là. La douleur était encore plus vive. En deux poussées, la tête de mon fils est sortie avec les spatules mais dans une violence et une douleur insoutenable...
Puis impossible d'avancer plus, mon fils était bloqué. J'avais mal à droite. Je n'étais que douleurs .
Je les ai entendu chuchoter je leur ai dit d'arrêter , de ne pas m'ignorer.
Je regardais dans les yeux mon mari, et j'y voyais de la peur, l'angoisse, et son amour.
Puis j'ai entendu l'anesthésiste dire que si j'avais encore plus de produit je risquais d'avoir les jambes paralysées. J'ai commencé à perdre connaissance le disant "une cesa 30 minutes et là, 48 heures de douleurs"...

Je me suis réveillée le lendemain sous respirateur avec l'impression d'étouffer en réanimation .

La suite me vient  du récit de mon mari ...

Sédatée, j'ai été conduite au bloc. Opérée et césarisée enfin du moins le pensait-il. Parce qu'en vrai je n'ai pas subi une césarienne, mais une chirurgie plus complexe.
Un premier médecin,  celle qui avait tenté l'extraction avec les spatules, en tremblant,
 lui a annoncé qu'on avait dû retirer mon utérus.
Un second (le Grand CHEF) quelques temps plus tard, réveillé en pleine nuit,  venu prêter main forte lui a dit qu'il venait de me sauver la vie, qu'il fallait le remercier.

Mon mari a vu rouge  et il a hurlé "BRAVO BEAU TRAVAIL" dans les couloirs , avant de prendre nos affaires en salle de naissance et de quitter l'hôpital pour aller déposer plainte. Le procureur a été réveillé, il était 6 heures, et il a qualifié les faits  ...
Je ne sais pas comment il a fait pour ne pas craquer et ne pas tout casser...
Il ne savait pas où j'étais, ce qu'on m'avait fait exactement, ni si à ce moment là, j'étais vivante...

Pendant ce temps, pour moi, d'après ce que les médecins m'ont expliqué, ce fut chaotique. J'ai été réanimée, transfusée, mise en déchoquage aux urgences, en réanimation, puis en soins intensifs, avant de monter en chambre. Ce fut compliqué, j'ai dû retourner en soins intensifs, faire un blood patch, car la péri avait fait un trou et du liquide céphalo rachidien s'échappait. J'avais une énorme bosse derrière le crane, digne de dessins animés.  A quel moment m'ont ils assommé?
Les dégâts ont été importants, mais j'en parlerai plus tard, quand j'irai mieux....

J'ai perdu mon enfant, mon utérus , et mon mari a failli perdre sa femme, mes enfants leur mère à cause d'un PROTOCOLE, qu'aucun médecin n'a voulu réfuter.
Ils se sont tous enfermé dans le "c'est mieux pour le deuil" ou le "on maîtrise", sans se poser une seule fois la question, du poids de mon fils, ou si mes hanches permettaient son passage ou encore si ma cicatrice allait tenir. Non pas une seule fois...

Je me sens mutilée. Un médecin qui rentrait de vacances, qui a pris le dossier en route, qui s'est excusé, a dit, que ce que j'avais vécu était aussi violent qu'un attentat.
Mon mari lui, dit qu'il  a l'impression d'avoir pris un mur  en voiture à 200 km/h .
 Le corps de mon fils l'a été aussi. Il avait une joue abîmée, et surtout ils lui ont cassé les deux épaules, pour le faire finalement passer en voie basse quand même, avant de m'opérer...

En quoi c'était mieux pour le deuil? 
Devait-on en arriver jusque là? 
Pourquoi ne nous ont ils pas écouté?

Personnellement, je ne suis pas dans le deuil. J'ai vu mon fils 6 jours après, froid et avec les fluides qui commençaient à couler. Une vision terrible. Mais qu'il était beau.

Je me bats pour marcher, sortir du lit, reprendre une vie normale alors que rien ne va dans mon corps, et que je ne suis que douleurs physique. Je ne suis pas dans le DEUIL, mais dans les SOINS.
Il m'ont pris mon DEUIL. Ils ont arraché les derniers moments avec notre fils, avec autant de violence qu'ils en ont eu pour mon utérus.

Et je crois que le plus infâme, c'est qu'ils se sont protégés derrière un PROTOCOLE; qu'ils ont respecté à la lettre, en oubliant le danger, les risques, ou encore l'humain derrière.

Mon Augustin ne méritait pas cela, Je ne méritais pas cela et mes enfants, mon mari, non plus ... 

Alors, oui, ils ont fait de notre deuil, une boucherie. 







dimanche 28 janvier 2018

Juste un immense merci !

Depuis mercredi, j'ai écris plusieurs articles. Mais je n'arrivais pas à les publier. Non pas que la plateforme Blogger avait un soucis. Non pas que mon PC avait une défaillance (pour une fois).
Non, juste parce-qu'il m'était difficile de reprendre des sujets du quotidien, avec tous les témoignages que j'ai reçu. Que cela soit par mail, par MP, par commentaires, pas moins de 113 femmes, ont témoigné des souffrances qu'elles avaient vécu et du tabou au quotidien.

Je ne pouvais pas reprendre, sans en parler ici avant.


Merci à Hellocoton d'avoir partagé cet article . Mon article. Mon témoignage !


D'une part, j'ai été surprise par l'engouement sur mon blog, et le nombre de visiteurs. Cet article a été vu plus de 7000 fois. Juste cet article.

Et j'ai commencé à recevoir les réponses. Quasi toutes avec une détresse, de l'incompréhension,
de la colère, et parfois sûrement une haine contre le corps médical qui n'avait pas été tendre.

Ces mots sur des maux, m'ont touché, percuté, à chaque passages difficiles.
Un vrai tsunami de violences obstétricales, une vague de méchanceté, un ouragan de violence.

J'ai pleuré 2 fois.

Parfois, un an après, les douleurs physiques persistent, je pense à Steph dont l'entourage ne comprend pas POURQUOI un an après elle souffre encore.
Parfois, 5 ans après la peur d'une future grossesse suite à un accouchement barbare, empêche de désirer et de mettre en route un petit second. 

Parfois les gestes ont été brutaux, intrusifs, et inhumains.

J'ai lu les mots violents dans des moments, où la sensibilité , l'empathie, et la compassion auraient dû entourer les femmes, comme la perte d'un enfant et des actes médicaux qui suivent.

Ces 113 témoignages, je les garde pour toujours.
Je vous dis Merci pour votre courage.
Merci pour avoir écrit et posé des mots sur vos maux.
Le chemin est long jusqu'à l'oubli. D'ailleurs peut-on vraiment oublier? 

Vous n'êtes ni "stupides", ni "sottes", ni "faibles", ni "responsables".
Vous avez subi, vous êtes "victimes". Nous sommes des victimes!

Vous avez le droit d'en parler, de le dénoncer et d'avancer. C'est le meilleur moyen de montrer à
ces personnes qu'ils nous ont fait plié sur le moment comme un roseau. Mais nous nous relevons,
 et continuons à vivre sans être brisées.

Vous m'avez touché avec vos mots, dans mon coeur de femme.  

Vous m'avez appris tellement par vos témoignages, que j'ai juste envie de vous dire :

MERCI...


 

mercredi 24 janvier 2018

La violence obstétricale: un sujet tabou?! ...



Je lisais l'autre jour l'article  sur le blog de Quatre Enfants. Où, j'ai découvert que l'on a un
parcours un peu similaire, sur certains points. Cet article, j'aurai pu l'écrire. Il est au fond de mes tripes,avec toutes ces petites phrases assassines, de méchanceté verbale, et d'erreurs .
J'ai pleuré des litres, et des litres de larmes depuis avril 2003.

Il y a eu cette "spécialiste" de la fertilité dans son cabinet privé, qui m'a dit pour la toute première fois "vous n'aurez jamais d'enfants".  Cette petite phrase entendue bien souvent avait fait de moi une fleur sans fruit.Et pourtant, si elle s'était donné juste la peine de me laisser de l'espoir...

Il y a eu tous ces gynéco qui me voyant ronde,  le cul à l'air, les pieds dans les étriers me dire, que mon gras faisait obstacle à l'écho pour voir mes organes,  que la sonde était plus indiquée. Je l'ai accepté. Il y a eu  des gestes violents avec cette sonde. Avec les "on voit rien avec cette paroi et votre gras" . Enfonçant plus violemment l'objet douloureux.
Moment douloureux et violent, où on serre les dents puis on attend que ça passe.

Les "perdez du poids" , les "on fait pas d'enfants quand on est ronde", ''pas de traitement, si vous ne perdez pas de poids" .
Alors que nous entrions dans un parcours du combattant, pour essayer de faire un enfant avec la PMA.

Il y a eu la septicémie. Celle qui allait changer ma vie à jamais.  Cette petite coelio pour bilan d'infertilité, où un stérilisateur en panne, a donné  quasi 3 mois d'hospitalisation.
Je me souviens de la visite du chirurgien, qui m'avait dit  :
"on peut rien faire pour vous, maintenant , vous ne rentrez plus dans les protocoles FIV. " 
Il était là, souriant, pendant que moi je venais de perdre mon pancréas, une partie de mon foie et presque ma vie avec une embolie pulmonaire. Il était là, brisant ainsi tous mes jolis rêves de maternité...

Puis il y a eu lui. Lui ce grand docteur, qui a permis que je puisse porter la vie.
D'une phrase libérant mes angoisses, "on sait aider les femmes à faire des enfants, je vais vous aider".Lui, il a sauvé ma vie.

Tous ces maux, n'étaient rien, en comparaison de ce que j'allais vivre DURANT mes grossesses. Parce qu'une fois enceinte, le fait d'être obèse et diabétique, était considéré comme le mal absolu. Quand on a relancé le 2 eme en route, c'était un sacrilège.
Entre les "on ne fait pas d'enfants quand on est  obèse et diabétique" . "c'est désiré?" parlant de la grossesse 1 ou 2 ou 3.  . La diabéto de la maternité de Bayonne , qui devant mon mari, a dit "vous allez griller le cerveaux de votre fils madame", récidivé avec une autre diabéto à Libourne pour Apolline.Et moi pleurant comme une madeleine à chaque fois.
Culpabilisant à un point inimaginable d'être si grosse, et si diabétique.

J'avais l'impression, d'être torturée par un corps médical qui n'avait aucune bienveillance. 

Il y a eu l'hospitalisation de force pour la grossesse de Adam. Arrivée à 35 sa et je suis sortie avec mon fils dans les bras 3 semaines plus tard...
Cette hospitalisation était accompagnée d'un odieux chantage : " si vous ne rentrez pas en hospitalisation aujourd'hui, (alors que Adam et moi allions bien), vous n'aurez plus d'obstétricien, ni de maternité".
35 sa, j'étais à bout de nerfs, je n'arrivais pas à imaginer ma vie sans mon fils Arthur pendant les semaines qui restaient. Et je n'ai jamais accepté ce  chantage.
Détestant à mort ces gens et les maudissant dans ma tête sur 10 générations bien sur.
Mais la gynéco a su faire de la naissance de mon fils un doux moment.
Alors je lui ai enlevé quelques générations maudites , mais pas toutes...

Puis la violence physique a été tout aussi présente. Les intrusions pour contrôle de col à tout moment (j'étais là car diabètique, pas en travail). Les parties intimes à l'air devant 2 ou 3 personnes que je n'avais pas vu avant, qui venaient "apprendre" sans se nommer...

Les repas qui m'affamaient, car j'étais "diabétique". Je ne me piquais plus, tellement j'étais basse.
Et quand je leur disais, que ça n'allait pas, on me répondait "c'est comme ça , on ne mange rien quand on est diabétique".

Et j'ai mis des petits mouchoirs sur tellement de vilaines choses et tellement de rêves. Comme accoucher "normalement" sans césarienne imposée car obèse et diabétique .

 Je crois que pour la dernière grossesse, j'ai eu" pire "que pour toutes les autres réunies.
Et je ne parle pas de mon arrivée où la gynéco m'a quasi insulté.
Ou encore, du "on revient dans un quart d'heure", à 11h et où je n'ai vu personne avant 17 h.
Me laissant avec mes contractions douloureuses, ma fatigue, et mon agacement d'avoir pour tout ressucrage un yaourt et des sucrettes.Passer de 1 à dilatation complète, seule dans ma chambre.
J'ai dû descendre en catastrophe en salle de naissance, puis au bloc sans un mot, avec mes angoisses, mon stress, et mes douleurs...

J'étais là, après 24 h de contractions, à dilatation complète, nue, installée sur le bord de la table d'opération,  avec l'interne en anesthésie, qui tentait pour la énième fois de piquer mon dos, et de me faire cette foutue rachis/péri (les deux, car je suis résistante aux anesthésies).  Hurlant qu'il me faisait mal. les "ne bougez plus sinon", systématiquement accompagnées de  douleurs horribles, des décharges électrique dans la jambe gauche... Pleurant, dégoulinant de morve, observée par 10 personnes, masquées bras gantés ,et qui n'ont jamais eu l'idée une seconde de me tendre un mouchoir. Je me souviens d'avoir prié que mon calvaire s'arrête, d'avoir voulu mourir à force de souffrance.
 25 minutes plus tard, sa "chef" me sermonnant sur mon côté "douillette" après 17 essais,
y est arrivée d'un seul coup elle, et sans souffrance.
Puis on m'a demandé de me positionner au milieu de la table. Sans aide bien sur, alors que je suis paralysée par la rachi/péri et toujours morveuse dégoulinante.  J'ai rampé à la force de mes bras, ronde, douloureuse, humiliée, pour me placer comme je pouvais. Jusqu'à ce que je ne puisse plus bouger du tout. Je revois ces paires d'yeux silencieuses, qui n'avaient même pas la gentillesse d'un "on peut vous aider madame" trop occupés à discuter entre eux, à me fixer, et surtout à rester stériles. J'ai vraiment eu l'impression horrible d'être un horrible numéro de cirque que l'on regarde, d'être la femme barbue, le monstre marin ...

J'entends encore la gynéco, qui m'avait claqué qu'elle en savait plus que moi sur le diabète, quand
je lui disait que 1.40 de glycémie, après 24h de contractions, c'était normal....
 Me dire "le liquide est teinté, c'est a cause de votre diabète" que j'ai failli tuer ma fille.
Alors qu'en vrai,c'était LE jour de ma fille.  Et par deux fois ils avaient essayé d'arrêter les contractions avec des piqûres douloureuses.

Alors que je lui disais de faire attention de recoudre droit, et de ne pas me faire le sourire du Joker dans Batman comme lors de ma première césarienne en urgence. Rectifiée par lors de ma précédente césarienne.. Je me retrouve de son côté avec une partie tombante, douloureuse créant un bourrelet que je n'avais jamais eu avant. J'ai appris dernièrement que mon unique trompe avait été pliée sous l'utérus, par erreur, ou volontairement avec peut être pour but une pseudo stérilisation ...
Combien de douleurs j'ai pu avoir à ce niveau. A ne pas pouvoir marcher plus de 5 minutes...
Le gynécologue post op, m'avait dit "c'est normal madame, avec 3 césariennes c'est plus difficile de se remettre".

Cette intervention, n'a rien eu de facile. Ni le avant,ni le pendant, ni le après. Cette violence verbale et physique, m'a blessé au fond de moi comme jamais.

Je pourrais parler de boucherie pour d'autres faits, qui ont eu lieu durant l'intervention.
Mais à quoi bon?
 Je n'arriverais jamais à oublier, que ce jour là, la naissance de ma fille a été une torture.
Je n'ai pas pardonné le après, et ce qu'ils m'ont fait subir "à cause de mon diabète"...
Mais c'est une autre histoire...

Alors la violence obstétricale, verbale ou physique, l'humiliation, l'absence de  respect, voir de bienveillance, j'en ai soupé. Ce qui m'attriste et me rassure, c'est que ne suis pas la seule à subir.
Nous sommes nombreuses, à ne rien dénoncer. J'ai lu à la suite de l'article du blog Quatre Enfants, de nombreux témoignages, sur les forums, sur les sites tels que Mamanandco...

Ce qui me met en colère contre moi-même, c'est que j'ai honte parfois. Que je n'en parle pas.
Que je mets un petit veto à ce sujet tabou.  Moi qui dans la vie, dis tout haut les choses. Moi qui blesse souvent par trop d'honnêteté et de franchise.Je restais là, sans rien dire.Mon mari aussi impuissant que moi, devant ces gens qui se prenaient pour Dieu, intouchables, et tellement inbuvables.

J''étais en état de faiblesse, et j'ai honte d'avoir subi et de n'avoir rien dit. 


Et toi, as tu vécu ce type d'expérience? 




Pour aller plus loin:

L'article lu il y a quelques semaines : https://quatreenfants.com/2017/08/27/mes-petites-violences-obstetricales/

http://www.lemonde.fr/sante/article/2017/08/30/la-violence-de-l-accouchement-en-question_5178270_1651302.html

http://marieaccouchela.blog.lemonde.fr/2017/08/18/lete-historique-ou-les-violences-obstetricales-ont-fait-le-buzz/

https://www.buzzfeed.com/sandrinechesnel/10-femmes-nous-racontent-les-violences-obstetricales?utm_term=.qaJnR65v#.alrBRMnw


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